La vie d’un institut en période électorale par Denis Pingaud, Opinion Way

La vie d’un institut en période électorale par Denis Pingaud, Opinion Way

Denis Pingaud
Vice-Président exécutif
de OpinionWay

100%études : En période électorale, comment s’adapte un institut d’étude pour faire face à la montée en charge ?

Denis Pingaud : En période électorale, un institut de sondages doit faire face à une montée conjoncturelle de charge, en raison d’une demande accrue des médias et des forces politiques. C’est encore plus vrai pour un institut, comme le nôtre, qui est en charge d’une opération estimation, le soir de l’élection, pour un certain nombre de médias, en l’occurrence TF1, LCI, RTL et Le Figaro. A cet égard, il faut clairement distinguer les sondages effectués avant le scrutin, qui portent généralement sur des intentions de vote, et l’estimation électorale publiée à 20 heures le jour de l’élection qui consiste, elle, en une projection, à l’échelle nationale, des premiers résultats réels constatés dans les bureaux de vote. Les instituts sont habitués à ces brusques montées en charge, en période électorale, et sont organisés en interne, et avec leurs prestataires, pour y faire face.

Quelles sont les principales mutations de l’enquête électorale ?

Les enquêtes portant sur les intentions de vote sont sévèrement encadrées par la Commission nationale des sondages à laquelle doivent être remis, systématiquement, tous les éléments justifiant la qualité de l’échantillon permettant la reconstitution de la photographie électorale. Ce qui a principalement changé, depuis quelques années, n’est pas sur la rigueur de ce contrôle mais sur le mode de recueil des données par les instituts. Il y a trente ans, les enquêtes électorales se faisaient en face à face. Il y a quinze ans, elles se faisaient au téléphone. Désormais, elles sont également administrées par Internet, le taux de pénétration du Web dans la population française étant suffisant pour permettre la reconstitution d’échantillons représentatifs au regard des critères classiques : âge, sexe, résidence, CSP, etc. OpinionWay a été pionnier dans ce mode de recueil et a pu vérifier à plusieurs reprises avec le Cevipof, centre de recherche de Sciences Po, que les mêmes enquêtes d’opinion électorales effectués, l’une au téléphone, l’autre en ligne, donnaient des résultats parfaitement convergents.

Quelle part représente l’enquête électorale dans votre chiffre d’affaires ?

L’enquête électorale publiée dans les médias représente une part infime de notre chiffre d’affaires, sensiblement moins de 2%. Ce n’est pas une activité particulièrement rentable, pour nous comme pour les quelques instituts qui ont une expertise sur le sujet. En revanche, la visibilité qu’offre la publication de données électorales est évidemment un accélérateur de notoriété pour des entreprises jeunes, comme les nôtres, face aux « grands » du secteur.

Denis Pingaud, Vice-Président exécutif de OpinionWay

Déposé le 18 mars 2010 par
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