En 2013, le niveau mondial de la publicité sera inférieur à celui de 2007. Matthieu Aubusson, PricewaterhouseCoopers

Matthieu Aubusson
Pricewaterhouse
Coopers*

Question 100%media : Vous publiez la dixième édition de votre étude annuelle « Global Entertainment & Media Outlook 2009-2013 ». A quand la sortie de crise sur ce marché d’après PwC ?
 
Matthieu Aubusson : L’étude de PwC estime que la baisse du marché mondial sera de -9% en 2009. Le marché devrait renouer avec la croissance en 2010 (+0,4%). Les pays matures seront les plus touchés. La France devrait sortir de la crise fin 2010, les Etats-Unis, l’Angleterre et l’Allemagne pays plus touchés par la crise devront attendre 2012 pour retrouver la croissance.
Mais on ne sortira pas de cette crise comme nous y sommes entrés : notre étude montre que la crise va accélérer la mutation numérique qui devraient représenter 31% des revenus du marché en 2013 (contre 21% en 2008)

Sur le marché de la publicité, on assiste à des baisses de valeur sans précédent de l’espace publicitaire. Prévoyez-vous un retour vers les niveaux de 2007-2008 ?
 
Non. En 2013, le niveau mondial de la publicité sera inférieur à celui de 2007. Dans les pays matures, la situation est encore plus marquée. A titre d’exemple, le marché publicitaire américain en 2013 sera égal au niveau de 2004!
Selon l’étude PwC, nous assistons à une transformation structurelle du marché de la publicité : il va falloir faire mieux avec moins.
La fragmentation des audiences et la multiplication des supports introduisent une compétition accrue qui tirent les prix vers le bas. Les annonceurs recherchent aujourd’hui un meilleur retour sur investissement, tentent de  mieux adresser leurs cibles en exploitant les données consommateurs et développent des concepts qui génèrent de l’interaction avec l’audience. L’enjeu pour les médias est de faire évoluer les offres et les formats publicitaires pour capter la croissance quand elle reviendra.

Par média, qui sont ceux qui sont les plus en danger et existe-t-il une fatalité ?

Les médias les plus fragilisés sont ceux dépendants de la publicité, revenu très sensible à la crise économique.
La presse quotidienne, magazine et la radio nous semblent durablement touchés. Si cette analyse est à affiner par segment (presse haut de gamme, hebdomadaire, féminine versus mensuel, masculin, moyen de gamme, radios généralistes versus musicales…), le marché de ces médias va décroitre en valeur dans les 2 ans qui viennent et ne reviendra pas à son niveau historique. Les médias étant une industrie de coûts fixes, les acteurs de ces marchés devront tenter de réduire ou de variabiliser ces coûts et d’accélérer la diversification multimédia.
Média de masse par excellence, le marché de la télévision financé par la publicité souffre de la crise mais devrait retrouver son niveau historique, la télévision payante étant un marché plus résiliant.
Les marchés du film et des jeux vidéos sont plus épargnés par la crise et devraient connaitre une croissance continue d’ici 2013.

NDLR : Retrouvez tous les chiffres de cette étude et les prévisions média par média sur ce lien
* Associé Responsable Médias et Loisirs pour l’activité Consulting

Déposé le 29 juin 2009 par
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Les nouvelles techniques d’achat d’espace

 

 

 

 

Frédéric Joseph
Managing Director EMEA
VivaKi Nerve Center

On a beau dire, cibler des publics spécifiques sur Internet reste une véritable gageure, la plupart des sites offrant leur propre technologie de ciblage sans réelle compatibilité. La transparence des achats en particulier via les réseaux ad networks d’achat au clic et d’affiliation demeure problématique. Les méthodes d’achat restent paradoxalement très classiques, toujours dominées par les négociations au téléphone et les confirmations d’achat par fax.
Les nouvelles plateformes d’achat dites « exchange » sont sans nul doute la réponse à ces 3 constats.
Croisant la technologie des cookies avec celle de l’achat d’espace ces plateformes recueillent l’ensemble des invendus proposés par les sites partenaires. Les acheteurs procèdent ensuite à l’achat d’espace non pas sur la base des impressions disponibles mais sur la base des cookies recueillis. Au lieu d’acheter un volume important d’impressions en espérant que celui-ci touchera potentiellement la cible (« spray and pray »), cette technologie permet d’éviter toute déperdition en concentrant l’affichage des bannières uniquement auprès de visiteurs pré qualifiés, via leur cookie identifiant.
L’achat est effectué de façon dynamique sur les sites partenaires à un prix défini sur base cpm ou cpc. La technologie identique à celle utilisée pour les achats de mots clefs et entièrement automatisée, permet de supprimer le process ancien d’achat via téléphone/fax.
Ce type de plateforme développée et expérimentée par Vivaki sous le nom de « Audience on Demand » via son partenariat avec Google Double click existe déjà aux Etats-Unis, est actuellement en test en Grande Bretagne et sera lancée prochainement en France, en Allemagne et en Espagne.
Aujourd’hui axée sur l’achat de bannières, nous expérimentons avec cette technologie les méthodes d’achat d’espace cross media de demain

Déposé le 22 juin 2009 par
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« Jusqu’à 10% de nos ressources mobilisées par les appels d’offre » Guillaume Multrier

Guillaume Multrier
PDG Aegis Media France

100%media : Le fait de conserver le budget SFR, en quoi est-ce une victoire pour l’agence ?
G.M. : Cela fait 12 ans que Carat détient le budget SFR. C’est un des budgets les plus fidèles du groupe. Le garder par les temps qui courent peut être considéré comme une victoire.

Qu’est-ce qui a fait la différence par rapport à la concurrence ?
Cette compétition a été l’occasion de démontrer les capacités de l’ensemble de nos marques (Carat, Isobar, Postercope et Vizeum) à intégrer l’ensemble des points de contact entre l’annonceur et ses publics. C’est l’intégration en général qui été retenue avec, de notre côté, des perspectives d’actions médias bien entendu mais aussi dispositifs marketing ou CRM par exemple. Le tout piloté par Florence Trouche, Directrice Générale d’Isobar.
Dans cet appel d’offre, il n’a pas été uniquement question de taux de négo.

On a l’impression que les agences médias passent de plus en plus de temps en appel d’offre. Le rythme des compétitions s’est il accéléré ces derniers temps ?

Effectivement, la crise a accéléré la tendance qui à mon avis a deux causes :
- Les annonceurs ralentissent ou gèlent leurs projets de développement stratégiques. Ainsi, il y a moins de consultations d’agences de créations et davantage de pitchs medias.
- Est-il encore nécessaire de développer la pression des services achats, par ailleurs ?

Quel est le poids d’un appel d’offre dans l’économie d’une agence média (entre le temps passé, les ressources, la baisse d’honoraires dont il faut convenir, etc….) ?
Chez Aegis, la moitié (la plus expérimentée) des équipes de l’agence travaille sur les appels d’offres. 20 à 30 personnes sont dédiées en permanence aux projets de développement. Cela représente entre 3 et 10% de nos ressources.
Les compétitions ne sont toujours pas rémunérées mais quand elles sont claires et qu’elles débouchent sur une vraie décision cela fait partie de notre économie

Déposé le 15 juin 2009 par
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L’Europe sans frontières médiatiques

Renaud de Chazournes
Directeur de la Rédaction
L’Européen

A peine plus de 40% des électeurs ont voté dimanche. Une nouvelle preuve que L’Europe trop lointaine et désincarnée n’intéresse pas grand monde, affirment les commentateurs avisés. Fermons donc vite cette parenthèse européenne et revenons à des sujets jugés plus proches des préoccupations immédiates des lecteurs et des téléspectateurs français, va-t-on une nouvelle fois en conclure dans les rédactions. Ainsi, rien ne va changer : télévision, presse quotidienne, news et magazines continueront, de temps en temps, d’évoquer ce qui se passe chez nos voisins européens, mais avec toujours aussi peu de conviction. Par nécessité, parce qu’il est quand même difficile d’ignorer totalement la réalité européenne.

La persistance de cette attitude de bon nombre de média vis-à-vis de l’actualité politique, sociale et économique chez nos voisins européens, est pourtant de plus en plus anachronique aujourd’hui alors que nous sommes près de 500 millions de concitoyens à vivre sur un territoire commun et sans frontières. Des hommes et des femmes unis dans la diversité à l’heure de la mondialisation qui sont confrontés aux mêmes problèmes de la vie quotidienne. Un demi-milliard de personnes qui nous ressemblent avec leurs rêves, leurs initiatives, et leurs réussites, ce sont pourtant une multitude de sujets d’articles susceptibles d’intéresser les lecteurs dans l’Hexagone. On évoquait naguère le « kilomètre sentimental » pour expliquer que seule l’information de proximité intéressait le lecteur. Loin des yeux, loin du cœur. Soit. Mais, en 2009, à l’heure des compagnies low cost, aller d’un coup d’aile à Rome ou Dublin prend approximativement le même temps et coûte pas plus cher que d’aller de Paris à Lyon en TGV. La proximité est désormais européenne. Mais si les distances sont abolies, les barrières médiatiques restent intactes. Dommage.

L’Europe des médias reste à construire !

Crédits photos : C.SLEE

Déposé le 8 juin 2009 par
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Médias et développement durable, une alliance stratégique

Jacques Collin Président Fondateur Capgemini Gouvieux

Une semaine avant la journée mondiale de l’environnement,  fixée au vendredi 5 juin, nous avons organisé avec Offremedia les Premières Rencontres Médias et Développement durable au Domaine des Fontaines.
Quels en sont les principaux enseignements ?
Premier enseignement, l’impulsion vient du public, comme le montre l’étude réalisée par Opinion Way en exclusivité pour Capgemini Gouvieux (1) et dévoilée lors de ces rencontres : 66% des Français estiment  « qu’il n’y a pas assez d’informations sur le développement durable dans les médias ».  Les Français estiment par ailleurs que le rôle des médias est d’abord « d’apporter une information factuelle » (90 %) ou « d’alerter sur les risques de catastrophe » (87 %).
Deuxième enseignement, tous les médias –presse, radio, tv-  sont concernés par le sujet mais internet s’affirme déjà comme un vecteur d’avenir puissant par ses capacités de recherche d’information, de mise en commun, d’implication et de fidélisation.
Troisième enseignement,  le développement durable, thème de nombreuses campagnes de communication, est synonyme de nouveau business pour des régies ou pour d’autres opérateurs.
Quatrième enseignement, la démarche de développement durable, en application de la loi NRE, pénètre lentement les modes de gestion et les processus (de fabrication notamment) des acteurs de la filière.
Cinquième enseignement, les avancées réalisées par les médias français sont encore loin de certains modèles anglo-saxons, notamment dans la conception et la diffusion de contenus dédiés.
De l’avis de tous, une ère différente s’ouvre. A l’instar de la numérisation qui bouleverse les relations entre les opérateurs, le développement durable va redéfinir les interactions  entre médias, annonceurs et public… dessinant une « nouvelle économie des médias » porteuse de sens, vigilante devant les risques, génératrice d’échange des meilleures pratiques et valorisante pour les hérauts d’une planète plus responsable. Dans le secteur des médias aussi, l’écologie transformationnelle pourrait bien révéler ses vertus. Ne les boudons pas !

 

(1) : L’étude intégrale est disponible sur ce lien

Déposé le 1 juin 2009 par
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