Tous acteurs pour la reprise

Pascale Merzereau,
DGA
AEGIS Media Expert

La crise n’a pas épargné les dépenses de communication en 2008. Le chiffre est tombé la semaine dernière : -1.4%. Si on se concentre sur les recettes publicitaires des médias (internet display compris) : -2.6%.
Et 2009 ? C’est plutôt mal parti. En partenariat avec l’UDA, nous avons interviewé 100 annonceurs entre le 16 février et le 6 mars : 60% d’entre eux pensent réduire leurs dépenses de communication en 2009.
Or, comme cela a déjà été démontré (thèse de Maximilien Nayaradou, chercheur à Paris Dauphine), les dépenses publicitaires, et notamment les dépenses médias, augmentent la propension à consommer des ménages. Donc, moins de publicité, moins de propension à consommer…
Cette « récessitude » est amplifiée par une vision pessimiste de la consommation à venir des Français : 50% des annonceurs pensent que les Français vont acheter moins de produits et des produits moins chers, alors que seuls 24% des Français vont opter pour ce mode de consommation. D’après l’étude menée sur la même période auprès de 1000 individus âgés de 18 à 65 ans (panel online Aegis Media), 36% vont dépenser de façon similaire, 30% vont acheter tout autant de produits mais moins chers et 10% vont acheter au même prix qu’avant mais moins de produits.
Plus que jamais, la publicité va devoir toucher les bonnes cibles en actionnant les points de contact les plus pertinents selon les bénéfices de la marque mis en avant : innovation, qualité, durabilité, promotion, prix…
Dernier point, la crise est aussi une opportunité pour émerger, franchir des paliers de ventes et gagner en profitabilité sur le long terme. Plusieurs études anglo-saxonnes, menées pendant les précédentes crises sur des bases très empiriques le démontrent. Les marques qui ont continué à investir ou augmenter leurs dépenses publicitaires pendant la crise, ont gagné à long terme en part de marché (+1.5 pts en moyenne- source étude PIMS-Strategic Planning Institute), ont des ventes qui progressent jusqu’à 3 fois plus et surtout plus rapidement que les marques absentes en communication (source McGraw-Hill Laboratory of Advertising Performance).
L’histoire nous l’a déjà prouvé, la crise peut être une véritable opportunité pour les marques agissant « against the tide », celles qui ne cèdent pas uniquement à une vision court termiste et préparent déjà la reprise.

Déposé le 17 mars 2009 par
Catégorie(s): Invités de la semaine
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